Être fier d’avoir essayé, même sans aller jusqu’au bout
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Il y a des choses que l’on fait par passion, et d’autres que l’on fait par défi. Les deux n’ont rien à voir, et c’est justement ça qui est intéressant.
Ma sœur (bon, à vrai dire j’en ai deux, mais celle dont je parle ici) a une patience et une habileté qui m’impressionnent depuis toujours. Elle transforme le temps en matière utile. Elle tricote pour que ça tienne chaud, pour accompagner la vie. C’est beau, mais sans chercher à être décoratif. C’est fait pour être porté, vécu, utilisé. C’est profondément concret.
À une époque, j’ai voulu tricoter moi aussi. Pas pour en faire une pratique durable, mais pour me prouver que j’en étais capable. J’ai tricoté trois pulls en angora. Les manches, le devant, le dos. J’ai suivi les étapes, compté les points, relevé le défi. J’étais fière d’y être arrivée. Et puis je me suis arrêtée là. Assembler les morceaux ne m’intéressait pas. Le défi, pour moi, était terminé.
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Ce n’était ni un échec, ni un abandon. Juste une évidence. J’avais fait ce que je voulais faire. Le reste appartenait à quelqu’un d’autre.
Ma sœur, elle, tricotait partout. Même en marchant. Je me souviens des ruelles de Bogotá, à une époque où ce n’était pas forcément très rassurant. On marchait, on parlait, et ses mains continuaient, imperturbables. Les aiguilles avançaient pendant que la ville vivait autour de nous. Moi, je ne saurais pas dessiner en marchant dans la rue. Elle, elle tricotait.
Plus tard, elle est venue me rendre visite. J’habitais en France. Elle a pris mes morceaux d’angora et elle les a cousus. Calmement, sans commentaire. Et grâce à elle, j’ai pu porter ce pull. J’ai ressenti un vrai soulagement. Elle avait fait exactement ce que je ne voulais pas faire.
Avec le recul, je crois que cette histoire raconte quelque chose d’essentiel. On peut être capable de faire beaucoup de choses, sans avoir envie de tout faire jusqu’au bout. Commencer compte déjà énormément. Essayer suffit parfois. Le reste viendra plus tard, ou viendra autrement, ou viendra grâce à quelqu’un d’autre.
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Pourquoi essayer compte plus que terminer?
Beaucoup de personnes hésitent à se lancer parce qu’elles ont peur de ne pas aller jusqu’au bout. De ne pas être régulières. De s’arrêter en chemin. Pourtant, commencer, c’est déjà un acte fort. C’est une décision. Une mise en mouvement.
On peut être fier d’avoir essayé, même si l’on s’arrête. Même si l’on reprend plus tard. Même si l’on change d’idée. La valeur n’est pas seulement dans le résultat, mais dans le geste.
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L’atelier gratuit de cette semaine
Pour l’atelier gratuit de ce vendredi, je vous propose un petit défi simple, accessible, sans pression. Choisissez un sujet que vous avez toujours trouvé difficile à dessiner. Pas pour le réussir, mais pour oser commencer. Si vous manquez d’idées, vous pouvez choisir parmi ces exemples:
une voiture, pourquoi pas une Ferrari ou un autre modèle complexe,
un monument avec beaucoup de détails, comme la Tour Eiffel ou le château de Chambord,
un bâtiment ancien, une façade chargée, un lieu que vous avez toujours évité de dessiner.
Installez-vous avec des crayons de couleur. Prenez votre carnet de dessin et dessinez ce sujet sans chercher la perfection. Vous pouvez vous arrêter quand vous voulez, au bout de cinq minutes ou plus. Il n’y a aucune obligation de finir.
L’important est d’essayer. De commencer. De voir ce qui se passe.
🌿 Si cette histoire et cette proposition vous donnent envie de continuer à dessiner régulièrement, vous pouvez rejoindre le Club ou découvrir mes Cours en ligne. Vous y trouverez d’autres invitations pour explorer le dessin, la couleur, et avancer à votre rythme, dans un cadre bienveillant →CLIQUEZ ICI.
© Le-Plaisir-du-Dessin-avec-Renata.com
11 comments
Cette histoire de tricot m'en rappelle une autre. J'aimais tricoter et réaliser ce qui me plaisait même si cela était difficile comme les torsades, le jacquard...Ma soeur a voulu m'imiter dans la réalisation d'une robe tricotée, mais elle échappait des mailles qu'elle ne rattrapait pas. J'étais moins cool envers elle et quand je lui en ai fait la remarque elle m'a répondu, je ferai une reprise...! J'ai alors défait ce qu'elle avait tricoté jusqu'au trou si bien qu'elle a abandonné ce qu'elle avait commencé. Fin de l'histoire car elle avait d'autres qualités.
Ha ha c’est excellent Marie France. Merci pour l’histoire partagée
Je crois que tu as parfaitement raison renata .L’essentiel c’est de s’y mettre et de ne pas vouloir terminer spécialement dans l’heure qui suit . Reprendre plus tard un dessin commencé cela amène un autre regard parfois trés intéressant et salutaire . On peut aussi passer du crayon à la peinture ou à l’aquarelle et s’emmerveillér du nouveau résultat selon l’humeur du jour 🤣🤣🤣🤣
C’est tout à fait cela Françoise, merci. On peut aussi utiliser un par un ou tout mélanger.
C'est drôle ton histoire car cette semaine j'ai enfin cousu un gilet terminé en octobre! J'adore tricoter mais pas coudre alors....
Pour le dessin c'est différent on peut simplifier pour arriver au bout!
Dans mon dailyjournal je me lance dans des trucs terribles le résultat est ce qu'il est mais je suis toujours ravie de l'avoir tenter!
A ce soir 😘
Superbe Chantal pour ton approche dans ton daily journal. Il faut que tu me le montres 😉
Voici ce que cet atelier du vendredi m'a inspiré. Cela fait longtemps que je repousse de dessiner des bâtiments anciens, des éléments d'architecture compliqués . J'ai osé, ce n'est pas parfait mais je me suis fait plaisir.

Bravo Anne tu as tout compris. 🤗🤗🤗
Merci Renata de nous pousser de nous encourager
🥰

Désolée, il en manque un bout. Trop fatiguée pour recommencer. Réalisé à la gouache.